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Dimanche 8 juillet 2007

Ce matin, je partais au travail, soucieuse. Beaucoup de questions dans la tête...
J'attends qu'un taxi veuille bien s'arrêter, comme tous les jours. 
J'avais bien remarqué cette vieille charrette. 
Je m'approche machinalement pour y découvrir, endormi sur une pile de vieux cartons, un petit garçon d'une dizaine d'années recroquevillé en boule.
Tout à coup, mes soucis m'ont semblé bien insignifiants.

Par Aurelia - Publié dans : La vie comme elle va
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Vendredi 6 juillet 2007

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Ca y est, après moultes tergiversations et hésitations, nous avons déménagé!
Ce "nous" subsumant le concept d'Amina ma colloc de choc et de moi-même.
Notre nouvel appartement est très lumineux, très ouvert et surtout sans aucun vis-à-vis puisqu'il surplombe le zoo du Caire. 

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Nos nouveaux voisins sont donc les babouins du zoo. La cohabitation se passe plutôt bien. Nous préférons leur compagnie à celle des immeubles qui avaient vue plongeante dans notre ancien appartement. Nous trouvons même leurs batailles nocturnes fort exotiques!
J'adore ma nouvelle chambre. Mon mobile tibétain a même trouvé une place de choix au-dessus de la fenêtre. Voici ici son ombre au soleil couchant:

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Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Mercredi 4 juillet 2007

 

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 Cette semaine, pour la première fois depuis que je suis au Caire, j'ai expérimenté une heure de ballade sur le Nil en felouque (bateau à voile local) en plein Caire. 
J'avais déjà testé l'engin à Assouan où la douceur et le calme ambiants s'y prêtent parfaitement. 
Mais j'avoue que se laisser glisser paisiblement en plein Caire a quelque chose de surprenant qui finalement s'est révélé très reposant. 
Ca y est, je commence enfin à apprécier certains aspects de cette ville qui ne m'apparaissait jusque là qu'agressive et étouffante!
Merci à Sterenn de m'avoir accompagnée le temps de cette charmante ballade.
 

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Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Dimanche 24 juin 2007
Itinéraire d'une fille de Bab-el-Oued

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Souad Massi est née le 23 août 1972 dans le quartier le plus populaire et le plus métissé d’Alger : Bab-el-Oued. Issue d’une famille modeste de six enfants, elle est entourée de frères et d’oncles musiciens. A 13 ans, alors que ses amis écoutent du rap ou du Rn’B, elle ne jure que par la musique country américaine. A partir de 17 ans, elle se cherche et enchaîne les expériences scéniques diverses en étant guitariste du groupe flamenco « Les Trianas d'Alger » puis guitariste vedette du groupe de hard rock « Atakor ». Tout en poursuivant en parallèle des études d’ingénieure en urbanisme, elle sillonne le pays, guitare en bandoulière.

L’Algérie est alors en pleine période noire (1995-96). Le couvre-feu freine la carrière des artistes déjà menacés par ailleurs. C’est dans ce contexte que Souad développe un style bien particulier qui emprunte à diverses formes de la musique traditionnelle algérienne tout en s’inspirant de la folk rock. Elle passe des nuits entières à composer, enfermée dans la cuisine familiale. Le mélange obtenu est singulier, porté par la poésie de textes à double lecture. Elle gagne en notoriété, ce qui, dans ces années troubles, n’est pas synonyme de sécurité. Fervente partisane de la paix, elle ne peut se résoudre à l’indifférence à l’égard de ce qui se passe autour d’elle. Lors de ses concerts, elle fait systématiquement monter sur scène une personne du public pour dialoguer pendant une vingtaine de minutes.
 

Elle croit au pouvoir de la musique pour initier le dialogue. Invitée d’une émission télévisée, alors que la polémique fait rage sur le Code de la famille, elle met les pieds dans le plat : tandis que l’équipe technique la filme en plan serré pour ne pas montrer qu’elle porte un jean (provocation extrême à l’époque), quand la présentatrice lui demande son avis sur des sujets tels que le maquillage, la cuisine ou les fleurs, elle rétorque : « Mais je croyais que j’étais venue ici pour parler des milliers de femmes jetées à la rue avec leurs enfants à cause du Code de la Famille ». Elle ne sera plus invitée à la télévision algérienne pendant plusieurs années.

E
lle traverse alors une période très dure. L’artiste est trop libre, trop engagée. Le cabinet d’urbanisme qui l’emploie reçoit des pressions et la licencie. Elle pense un temps tout arrêter. Puis, en 1999, elle est invitée à Paris pour participer au festival « Femmes d’Algérie » qui a lieu au Cabaret Sauvage. Son originalité et sa sincérité touchent en plein cœur le public parisien. Le Directeur artistique d’Island prend alors le pari de lui laisser carte blanche pour la réalisation de son premier album. Elle qui ne devait rester à Paris que trois jours… y vit encore aujourd’hui !

 
D’albums en albums, un style qui s’affirme et qui s’ouvre
 

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Souad Massi sort son premier album intitulé Raoui en mars 2001. Cet opus, enregistré en quinze jours dans les conditions du live, accueille aussi bien du chaâbi traditionnel algérien que des influences reggae ou encore des sons cap-verdiens. Souad enchaîne alors les concerts. Elle fait notamment la première partie du chanteur algérien Idir à l’Olympia avant de tenir le haut de l’affiche dans cette même salle quelques mois plus tard.
 
De son propre aveu, Souad fait des chansons « toutes simples qui parlent d’histoires vécues, d’expériences personnelles ». Et pourtant, s’il l’on prend le temps de se pencher sur les textes, chaque chanson cache un message, une deuxième lecture. Dans la chanson phare de ce premier album, « Raoui » (le conteur), elle demande au conteur de lui raconter des histoires pour la maintenir un peu plus longtemps dans l’enfance, pour éviter la confrontation avec la réalité. Des histoires, plutôt des contes oniriques, sur la fille de l’ogresse et le fils du Sultan ou encore l’histoire de cet oiseau qui n’a jamais volé. Dans la dernière strophe de « Raoui », elle met en garde le conteur qui, en rajoutant ou en omettant des faits, pourrait falsifier l’histoire : « Prends garde, dit-elle, il existe une mémoire ». Une jolie manière de dénoncer la propagande, et un geste courageux dans l’Algérie de l’époque.  

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Avec son deuxième album, "Deb" (brisée) qui sort en 2003, Souad garde les tonalités arabo-andalouses, chaâbi, folk et rock qui la caractérisent désormais, tout en les modernisant. Deb devient l'album de "world music" le plus vendu en France en 2003 et est nominé aux Victoires de la Musique 2004 dans la catégorie « Meilleur album world ». Voguant sur la nostalgie inhérente à sa personnalité, cet album nous replonge dans l’univers poétique et doux de Souad Massi.
La consécration viendra avec l’album Mesk Elil sorti en 2005 qui remporte la Victoire de la Musique 2006 du « Meilleur album world ». Marquée par une escale en Tunisie qui lui rappelle les parfums de son enfance, Souad compose un opus tout en finesse et en souvenirs dans lequel elle se souvient de la maison de son grand-père (« Dar dgedi ») ou encore de l’odeur si particulière du « mesk elil » (chèvre-feuille) qui a bercé sa jeunesse. La chanson « Kilyoum » (« Bientôt ») est un chaâbi algérois métissé de morna capverdienne, un choix relativement osé car le chaâbi n’est traditionnellement chanté que par les hommes. Souad y utilise la mandoline, instrument transmis par l’Espagne et le Portugal et pont historique entre l’Algérie et le Cap-Vert.  

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Cet album reflète une fois encore l’ouverture de Souad Massi sur le monde. Cette dernière, regrettant la classification systématique des artistes arabes ou africains dans la catégorie « musiques du monde », confie : « Si demain je fais du rock, je vais être cataloguée « musiques du monde » parce que je chante en arabe. Même si je fais du rock. C’est dommage. » Au vu de la version remixée de la chanson « Ilham », rebaptisée « Mahli » en fin d’album, on peut prendre le pari que Souad développera ce côté rock dans les années à venir.
 
Si Souad Massi a souvent été comparée à la Tracy Chapman ou la Joan Baez du Maghreb, elle reste avant tout elle-même. Son univers personnel est tellement riche qu’il suffit à écarter ces comparaisons. Souad Massi c’est avant tout Souad, fille de Bab-el-Oued, qui jette son cœur et ses histoires dans sa guitare.
 
Après sept années sur les routes de France et du monde, avec pour seuls objectifs le partage et la rencontre au travers de la musique, Souad Massi a décidé de prendre une pause bien méritée d’un an. Elle termine ainsi sa tournée par une série de dates dans le monde arabe. Après l’Egypte et les Emirats Arabes Unis, elle se produit en Jordanie à Amman le 25 juin 2007 et en Palestine à Ramallah le 27 juin 2007 avant de clore cette jolie tournée à Sens (89) le 30 juin. Elle est accompagnée par des musiciens pétris de talent parmi lesquels Rabah Khalfa à la derbouka, au bendir et aux chœurs, David Fall à la batterie, Jean-François Kellner à la guitare et enfin César Anot à la basse.
 
Je ne peux que vous conseiller de courir découvrir et faire découvrir cette artiste généreuse et libre. Debout dans la vie, portée par ses convictions et son courage, il fait nul doute que Souad Massi saura vous toucher en plein cœur.
 

Pour aller plus loin…
Sa maison de production
Biographie RFI musique
Mondomix
Video utube Mesk Elil



Merci à Souad et à toute son équipe pour ces merveilleux moments...d'oxygène et d'émotions! 
Toutes les photos sont dans l'album photo "Egypte".
  
Par Aurelia - Publié dans : Coups de coeur
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Vendredi 22 juin 2007
Depuis plus de quinze ans maintenant, le 21 juin est l’occasion de sortir guitares et derboukas du grenier pour une grande fête populaire où la musique tient la vedette. Cette fête, devenue institution en ce premier jour de l’été, est relayée par les Centres Culturels Français partout dans le monde.
 
Tel était le cas jeudi dernier en Egypte. Le Centre Français de Culture et de Coopération du Caire a reçu la chanteuse Souad Massi, grâce au soutien de Cultures France et en coopération avec l’Opéra du Caire, le Conseil Suprême des Antiquités, le Fonds de Développement culturel et la Bibliotheca Alexandrina.
 
Accompagnée de ses talentueux musiciens, Souad Massi s’est produite le 19 juin 2007 devant plus de 1600 personnes sur le parvis de la Bibliothèque d’Alexandrie. Mais aussi et surtout le soir du 21 juin 2007 à la Citadelle du Caire.
 

Plus de 7000 personnes prennent d’assaut la Citadelle du Caire

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L’esplanade de la Citadelle du Caire offre d’habitude aux touristes de passage une vue imprenable sur la vieille ville du Caire et ses minarets, avec les pyramides en fond de panorama les jours où elles ne sont pas cachées par la pollution. A l’occasion de la Fête de la Musique, ce lieu magique s’est transformé jeudi dernier en une gigantesque piste de danse.
 
Quatre groupes se sont succédés sur les deux scènes montées pour l’occasion. De la musique latino-américaine tout d’abord avec la formation « Sun shine » mais aussi l’ensemble de jazz oriental « El door el Awal » et l’ « Ensemble National de Musique Populaire » reprenant les musiques traditionnelles égyptiennes de Charkeya jusqu’à Assiout.
 
Mais la vedette de la soirée était sans conteste la chanteuse franco-algérienne Souad Massi. Attendue de pied ferme par la jeunesse égyptienne, la chanteuse a reçu un accueil des plus chaleureux. Les organisateurs attendaient 4000 personnes. La police en a dénombré plus de 7000, qui reprenaient en chœur les refrains des ballades folk-rock de la chanteuse, tout en scandant son nom avec fougue entre les morceaux.
 
L’anecdote marquante de la soirée : dès les premières chansons, Souad a invité le public à se rapprocher de la scène. L’audience a alors été retenue par les forces de police, déployées en nombre. Surprise, la chanteuse s’est tournée vers ses musiciens pour leur faire signe d’arrêter de jouer : « Je souhaite que tout le monde s’amuse et que nous partagions du bon temps ensemble », a-t-elle déclaré. Forcée de céder, la police a reculé et les jeunes, fous de joie, ont pu se rapprocher de la scène pour profiter pleinement du spectacle. Cet incident, insignifiant ailleurs, est lourd de sens dans un pays où la question sécuritaire reste délicate : il est exceptionnel que les forces de l’ordre soient dans de telles situations en Egypte. Ce geste simple témoigne de l’engagement de Souad Massi en faveur du progrès et des « révolutions douces » auxquelles elle souhaite contribuer par sa musique.
 
Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Mardi 1 mai 2007

En décembre dernier (avant que ce blog n'existe), j'ai eu la chance de faire une magnifique croisière sur le Nil, entre Louxor et Assouan. 

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De beaux moments passés au fil de l'eau entre émerveillements et découvertes à contempler plus de 5000 ans d'Histoire.

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Toutes les photos sont dans la rubrique "Photos - Egypte".

Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Samedi 24 mars 2007
Aujourd’hui j’ai eu la chance de visiter une chose unique, un endroit incroyable auquel très peu de touristes ont accès : la Cité des morts. Il s’agit d’un ancien cimetière immense – deux pour être tout à fait exact, le grand et le petit – où, poussées par l’expansion démographique, de nombreuses familles se sont installées, il y a plusieurs décennies déjà.
Précédées de notre guide, Hendy et moi nous sommes donc frayées un chemin dans les dédales de cette Cité où dépouilles et enfants semblent jouer ensemble, comme s’ils se souvenaient qu’ils sont les maillons d’une même chaîne qui en vérité ne se rompt jamais.   

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  Etant au début dans l’illégalité le nombre croissant de ces « habitants », qui ont aujourd’hui atteint le million de personnes, a poussé le gouvernement égyptien à fournir eau et électricité à ce qui est désormais devenu un « quartier » du Caire.
           La majorité de ces familles étant d’une grande pauvreté, on voit néanmoins se développer à présent une petite classe moyenne qui déambule dans les magasins qui jouxtent les allées de ce cimetière devenu monument historique.                      

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              On assiste ainsi à des situations qui peuvent paraître surréalistes où les vivants côtoient les morts toute la journée. Quelques exemples : Du linge qui sèche au dessus des pierres tombales situées dans la cour de ce qui est devenu une maison ou bien ces affiches vantant les mérites d’un magasin de robes de mariée placardées sur les murs d’un caveau ou encore un tombeau et une maison partageant le même mur porteur .
Mais ce qui frappe surtout, c’est que tout cela se fasse dans un très grand respect mutuel entre morts et vivants qui semblent réussir à cohabiter dans une certaine harmonie.
Au final, même si cela aura représenté plus de 3h de marche, en plein khamassine (période des vents de sable) et sous un soleil étouffant, je ne regrette aucunement cette ballade au coeur de l’étrange dont je me souviendrai longtemps encore je pense…


Pour aller plus loin : Toutes les photos de la Cité des morts sont dans la rubrique "Photos - Egypte".
Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Dimanche 18 mars 2007
         Bien sûr il y a eu le Caire foisonnant, la douce Alexandrie, la mythique Thèbes ou encore la paisible Assouan. Bien sûr. Et pourtant, l’expérience dont je rentre à peine, celle du désert, celle là supplante les autres. Non pas qu’elle les dépasse mais elle se range plutôt dans la catégorie des « incomparables ». Je ne peux comparer mon expérience du désert à aucune autre.
J’ai vécu deux jours d’une rencontre unique avec moi-même et surtout avec l’immensité de la nature, tellement grande qu’elle pourrait écraser mais choisit plutôt d’éblouir. Elle jette toute sa perfection et sa magnificence au visage de l’humble voyageur qui hésite entre la peur d’être anéanti par tant de puissance et le désir irrépressible de se fondre dans ce grand tout parfait pour retrouver l’essence de l’unité, enfin à portée de main.

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  Et pourtant, rien n’était gagné d’avance. Après avoir, avec le plus grand culot, quitté mon travail à 15h30, j’ai rejoint mon amie Hendy (rencontrée au cours d’arabe) direction la gare routière Monib. Je passe les détails du trajet en taxi mais surtout de l’atroce ’intoxication alimentaire dont j’ai été victime et qui s’est manifestée dans les toilettes pestilentielles de cette gare, ou plutôt ce dessous de pont, si tant est que l’on puisse appeler cela une gare ! Bref, pour faire court j’ai été malade tout le long de ce trajet interminable qui dura en tout près de 5h, très certainement les 5 plus longues heures de ma vie…
 
Aux alentours de 22h nous avons donc été accueillies par Elizabeth, autre comparse du cours d’arabe. Cette dernière ayant élu domicile dans l’oasis de Bahariya. Si Elizabeth n’est plus toute jeune, une chose est sûre, elle est toute libre ! Sa vie n’est que l’illustration de ce besoin indomptable de liberté, d’espace, d’air. Après y être venu en vacance, elle a décidé d’installer son camp de base dans cette oasis où, effectivement, il fait bon vivre.
 
Nous n’avons pas fait long feu. Personnellement, après avoir péniblement réussi à atteindre mon lit, j’ai aussi tôt sombré dans un sommeil proche du coma éthylique nécessaire au repos de mon organisme fortement éprouvé.
 
C’est beaucoup plus fraîche que j’ai abordé la journée du lendemain. Mahmoud, l’ami d’Elizabeth, jeune guide de 23 ans avec néanmoins déjà dans ses bagages 7 ans d’expérience de conduite dans le désert, une ex-femme et un petit garçon de 2 ans (!) est venu nous chercher vers 9h. L’oasis était calme, sereine, ses belles couleurs orangées et la chaleur sèche m’ont tout de suite apaisée.
 
Nous avons donc tracé la route à bord du 4x4 de Mahmoud. Notre équipée comprenant le dit Mahmoud, un ami à lui, Karim, puis à l’arrière, de droite à gauche (en regardant la route !) Elizabeth, Hendy et moi. Pour la première fois j’allais découvrir, me confronter à ce désert dont j avais tant entendu parler.
Les paysages se sont succédés, allant crescendo du beau vers le magnifique puis le sublime et enfin l’indicible. D’abord le désert noir appelé ainsi à cause des roches volcaniques de couleur noire qui le recouvrent. Vint ensuite la montagne de cristal où le sable et la pierre se sont cristallisés formant parfois jusqu’à des stalagmites de cristaux de roche, grandiose. Et enfin le désert blanc, couvert de craie blanche immaculée. On pense tantôt au grand canyon du Colorado tantôt aux décors de Star Wars ! Un vrai dépaysement.    

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  Lorsque le soleil a commencé à décliner, nous nous sommes mis en quête de l’endroit idéal pour monter notre camp pour la nuit. Une fois notre emplacement choisi par Mahmoud, je suis montée sur un rocher pour profiter – de façon très égoïste et pourtant tellement reliée au monde – d’un magnifique coucher de soleil qui a embrasé les dunes et les montagnes de craie alentours, passant de l’orange au rouge vif puis au fuchsia et enfin au rose pâle. Magique ! Un authentique camaïeu divin.
 
Mahmoud et son acolyte nous ont ensuite préparé un délicieux repas et c’est autour du feu de camp – renonçant à ma décision de rester éveillée pour apercevoir un des nombreux fennecs présents dans les parages – que j’ai sombré dans un sommeil tranquille ; protégée par les chaudes couvertures en poils de chameaux mais surtout par l’immense voûte étoilée, incroyable étendue d’étoiles qui m’a remise à ma place d’humaine tout en titillant le terreau fertile de mes questions existentielles ( !!) .
Et lorsqu’entre deux périodes de sommeil j’ai ouvert les yeux vers 5 heures du matin, ça a été pour voir les longues chaînes que formaient les traces des pattes du fennec qui était venu nous rendre visite pendant la nuit. Ce dernier était passé à quelques centimètres de ma tête. Cela m’a un peu attristée et j’avoue que je m’en suis voulu de ne pas avoir lutté plus fort contre le sommeil afin de pouvoir voir l’énergumène en direct ; mais en même temps qu’il fut bon de se laisser glisser, bercée par la chaleur du feu, vers un repos bien mérité.
 
Après une petite toilette de chat et un bon petit déjeuner (du foul essentiellement !), nous avons repris la route. Mahmoud s’est amusé à slalomer entre les dunes puis, au détour de l’une d’entre elles, il a freiné pour nous laisser découvrir en contrebas un dénivelé de plusieurs  centaines de mètres….un vrai canyon, comme chez les ricains !
L’immensité d’une extravagance de la Nature à couper le souffle.  

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  Puis, après avoir cherché encore quelques flower stones (ces petits cailloux noirs qui font penser à des fleurs), nous avons repris le chemin de l’oasis en début d’après-midi.
Une fois revenus à Baharriya, Mahmoud nous a alors conduits dans sa famille. Certes ils ne sont pas riches, une joyeuse tribu de modestes bédouins, mais ils ont tout pour vivre bien : un toit sur la tête, un jardin, des poules, des canards, des dattiers, des fruits, des légumes et du riz production maison…
Et la vie s’écoule doucement à l’ombre des palmiers. Le travail faisant partie de la vie et inversement, une caractéristique de ce monde méditerranéen à laquelle j’aspire tant !
 
Nous calant sur le rythme local, nous sommes donc allées tremper nos pieds dans une source d’eau naturellement chaude…un vrai régal. Puis nous avons été invitées à partager le repas familial. Nous avons donc mangé à l’égyptienne : un grand plat posé à même le sol dans lequel chacun plonge la main en quête de sa pitance. Je me suis sentie accueillie, entourée. Et mes modestes progrès en arabe m’ont permis un petit dialogue avec la maîtresse de maison, Om (maman), vieille femme dont la bonté et l’amour irradiaient. 
Puis repus, aussi bien nos ventres que nos yeux, nos têtes et nos cœurs, nous avons pris le chemin du retour vers le Caire ; escortés par une magnifique boule rouge qui avait décidé de se coucher juste au milieu de la route qui nous faisait face….splendide ! A l’image de ce week-end qui restera, pour longtemps je pense, une parenthèse enchantée, une bulle hors du temps, un espace protégé où j’ai touché, pour quelques brefs instants, l’infini de ce monde...et en suis sortie grandie !


Pour aller plus loin : l'ensemble des photos est disponible dans la rubrique "Photos - Egypte".
Par Aurelia - Publié dans : Egypte
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Jeudi 15 mars 2007
Et oui ca y est, mon 1er blog....Il aura fallu un réveil matinal au retour d'un voyage pour que je me lance....
Par Aurelia
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La blogueuse

Copie-de-PICT0556.JPG Ecrivaine  Voyageuse  Photographe

Aurelia: 
Âme en apprentissage qui a posé, pour un temps, ses valises en terre d'Egypte.

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